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Faire des beats sur ordi : à savoir avant de commander
Cette page part de ce noyau, un petit clavier maître et un casque fermé, puis indique quand ajouter un contrôleur à pads, une interface audio et des enceintes de monitoring. Elle signale aussi les achats que l'on regrette souvent : grand clavier de 88 touches, synthétiseur matériel acheté trop tôt, mousse acoustique, extensions payantes avant de maîtriser le logiciel. Il n'est question ici ni de micro ni d'enregistrement de voix : seulement de composition sur ordinateur.
Le noyau : l'ordinateur, un logiciel, un clavier et un casque
Un logiciel de musique, qu'on appelle aussi séquenceur ou station audionumérique, contient déjà tout ce qu'il faut pour sortir un premier morceau : batteries, basses, synthétiseurs, effets et table de mixage. Plusieurs existent en version gratuite ou fournie avec le système de l'ordinateur, et c'est sur l'un d'eux qu'il vaut mieux apprendre. À ce logiciel, ajoutez deux objets. Un clavier maître, d'abord : il ne produit aucun son, il pilote les instruments virtuels, et vous évite de dessiner chaque note à la souris. Un casque fermé et filaire ensuite, pour entendre exactement ce que vous faites sans déranger la maison. Vérifiez que votre ordinateur a assez de mémoire vive pour faire tourner plusieurs pistes, et branchez le clavier directement sur un port USB de la machine plutôt que sur un hub de récupération. Avec ces deux achats, vous pouvez déjà travailler des mois avant d'avoir besoin d'autre chose.
Clavier, pads ou les deux : choisir selon votre musique
Le clavier sert aux mélodies, aux basses et aux accords ; les pads servent aux batteries et aux échantillons découpés. Pour débuter, un clavier de 25 touches muni de huit pads couvre les deux usages sur un coin de bureau. Si vous jouez déjà un peu de piano ou si vous composez beaucoup d'accords, un modèle de 49 touches laisse plus d'aisance aux deux mains, au prix de 30 cm de bureau en plus. Le contrôleur à seize pads devient intéressant quand vos morceaux reposent sur le rythme et le découpage d'échantillons : on y joue les batteries comme sur un instrument, et le groove gagne en naturel. Le grand clavier de 88 touches, lui, se justifie pour jouer du piano, pas pour faire des beats : il occupe tout le bureau et vous éloigne de l'écran. Quel que soit le modèle, vérifiez la sensibilité à la vélocité, sans laquelle chaque note sort au même volume.
Casque d'abord, enceintes ensuite, et la pièce avant tout
Pour débuter, le casque fermé suffit : il isole des bruits de la maison, ne dépend pas de l'acoustique de la pièce et s'utilise la nuit. Choisissez-le filaire, car le Bluetooth ajoute un retard qui empêche de jouer en rythme, et neutre plutôt que chargé en basses. Les enceintes de monitoring arrivent dans un second temps, pour vérifier un morceau sur un autre système et éviter un mixage pensé uniquement au casque. Elles ne donnent un bon résultat que bien placées : à hauteur d'oreille, écartées en triangle avec votre tête, à distance du mur et posées sur des mousses de découplage. Collées dans un angle d'une chambre vide, elles gonflent les basses et vous font corriger à tort. Avant d'acheter des panneaux, rapprochez-vous du centre de la pièce et ajoutez un tapis ou des rideaux. Les pyramides de mousse fine vendues pour insonoriser n'agissent presque pas sur les graves.
Brancher sans latence ni bourdonnement
Deux défauts gâchent les débuts : la latence, ce décalage entre la frappe d'une touche et le son, et le bourdonnement des enceintes. La latence vient surtout de la carte son intégrée de l'ordinateur et de son pilote. Une interface audio USB, avec son pilote dédié, la réduit nettement, et devient nécessaire dès que vous branchez des enceintes de monitoring. Dans le logiciel, baissez la taille de la mémoire tampon quand vous jouez, remontez-la quand vous mixez un morceau lourd. Pour relier l'interface aux enceintes, utilisez des câbles jack symétriques, qui ne ramassent pas le ronflement des câbles électriques voisins. Branchez tout le poste sur une même multiprise protégée, éteignez les enceintes en dernier et rallumez-les en premier pour éviter les claquements. Enfin, gardez une copie de vos projets et de vos échantillons sur un disque externe : un morceau perdu ne se recompose jamais à l'identique.
Les extensions payantes attendront
Les banques de sons, instruments virtuels et effets vendus en ligne sont le premier poste de dépense des débutants, avant même le matériel. Ils promettent un son professionnel ; en pratique, on s'y perd, on passe plus de temps à faire défiler des préréglages qu'à finir un morceau. Les outils fournis avec le logiciel gratuit, égaliseur, compresseur, réverbération, synthétiseurs de base, suffisent pour apprendre et pour sortir des morceaux qui sonnent. Fixez-vous une règle simple : ne payez une extension que lorsque vous pouvez décrire précisément ce qu'elle fera que vos outils actuels ne font pas. Le même raisonnement vaut pour le synthétiseur matériel ou la machine à échantillons autonome. Un livre de théorie musicale, en revanche, est un petit achat qui change vite la qualité des accords et des mélodies.