Nos conseils
À savoir avant de commander
Leurs poils microscopiques sont urticants pour la peau, les yeux et les voies respiratoires, et dangereux pour un chien qui renifle ou attrape une chenille. Cette page liste ce qui permet d'agir sans contact : piège autour du tronc, tenue de protection pour le poser et le vider, nichoirs pour les mésanges qui s'en nourrissent, et ce qu'il vaut mieux ne pas acheter. Les besoins sont classés en quatre niveaux, de l'indispensable à l'inutile. Un arbre très infesté, haut, ou proche d'une école relève d'une entreprise spécialisée.
Le calendrier : chaque geste a sa saison
Contre la processionnaire du pin, tout se joue sur le calendrier, et la plupart des échecs viennent d'un geste fait trop tard. En été, les papillons pondent sur les aiguilles : c'est la saison des pièges à phéromones, qui capturent une partie des mâles. À l'automne, les jeunes chenilles tissent leur nid ; c'est le moment où un professionnel peut traiter avec un insecticide biologique à base de Bacillus thuringiensis, efficace seulement sur les jeunes stades. En hiver, les nids blancs sont bien visibles : on pose l'écopiège autour du tronc, en général entre décembre et février, plus tôt dans le Sud que dans le Nord. Au printemps, selon la région et la douceur de l'hiver, les chenilles descendent en file pour s'enterrer : l'écopiège les capture, et vous tenez enfants et chien loin du pied de l'arbre. Les nichoirs, eux, se posent entre l'automne et la fin de l'hiver pour être occupés au printemps suivant.
Poser un écopiège sans se faire piquer
L'écopiège est une collerette qui fait le tour du tronc à hauteur d'homme et conduit les chenilles qui descendent vers un sac rempli de terre, où elles s'enfouissent comme elles le feraient au sol. Mesurez la circonférence du tronc avant de commander, et vérifiez que l'écorce est assez régulière pour que le joint en mousse fasse son travail : la moindre fente laisse passer la file. Même en hiver, l'écorce et le sol au pied d'un pin infesté peuvent porter des poils des années précédentes. Posez-le donc avec des gants à manchette, des lunettes enveloppantes, un masque FFP2 et une combinaison jetable, par temps calme. À la fin de la descente, retirez le sac sans l'ouvrir, fermez-le et éliminez-le selon les consignes de votre commune. Enlevez la combinaison en la roulant vers l'extérieur et lavez à part les vêtements portés dessous. Le piège ne vaut que pour la processionnaire du pin : celle du chêne se transforme dans ses nids, sur le tronc, sans descendre s'enterrer.
Le chien, les enfants et les poils qui volent
Le danger ne vient pas seulement de la chenille qu'on touche : chacune porte des centaines de milliers de poils microscopiques qui se détachent quand elle se sent menacée, s'envolent avec le vent et restent irritants longtemps, dans les nids vides comme dans l'herbe. Pour les enfants, la règle se dit avant la saison : on ne touche pas, on ne s'approche pas des files, on prévient un adulte. Délimitez le pied de l'arbre par un grillage bien visible pendant toute la descente. Le chien est plus exposé, parce qu'il renifle et attrape ce qui bouge : tenez-le en laisse près des pins et des chênes infestés, chez vous comme en promenade, jusqu'à la fin du printemps. S'il a léché ou mordu une chenille, ou s'il bave soudain avec une langue qui gonfle, appelez immédiatement votre vétérinaire : c'est une urgence. Chez une personne, une atteinte des yeux, une gêne pour respirer ou une éruption étendue justifient d'appeler un médecin ou un centre antipoison.
Couper un nid : quand c'est possible, et quand s'abstenir
L'échenillage, qui consiste à couper la branche qui porte le nid, n'a de sens qu'en hiver, quand toutes les chenilles sont dans leur bourse de soie et avant la moindre procession. Plus tard, couper un nid revient à secouer une colonie active au-dessus de sa tête. Il se limite aux nids accessibles depuis le sol avec un échenilloir à perche : pas d'échelle appuyée dans un pin, jamais de travail sous la branche qui tombe, et la tenue de protection complète. Le nid coupé ne va ni au compost ni dans les déchets verts : enfermez-le dans un sac épais et demandez à votre mairie ou à votre déchetterie la filière prévue. Ne le brûlez pas : le feu disperse les poils, et le brûlage des déchets verts est en principe interdit aux particuliers. Pour un pin haut, une rangée d'arbres ou un chêne, faites appel à une entreprise. Certaines communes imposent par arrêté aux propriétaires de traiter ou de retirer les nids : renseignez-vous en mairie.
Faire travailler les mésanges
La mésange charbonnière fait partie des rares oiseaux qui mangent les chenilles processionnaires, y compris aux stades urticants. Elle ne viendra pas à bout d'une forte infestation, mais un jardin qui accueille plusieurs couples voit souvent les nids diminuer d'une année sur l'autre. Installez deux ou trois nichoirs à trou de 28 mm, espacés de plusieurs mètres et pas forcément dans le pin, entre l'automne et la fin de l'hiver, à deux ou trois mètres de haut. Pendant les gelées, une mangeoire à boules de graisse sans filet et un point d'eau peu profond retiennent les oiseaux près de la maison, ce qui les aide à s'installer pour nicher. Bannissez enfin les insecticides du jardin : ils tuent les insectes dont les mésanges nourrissent leurs petits, et touchent à peine les chenilles abritées dans leur nid de soie.