Nos conseils
À savoir avant de commander
Cette page liste le matériel à prévoir pour deux petits ruminants, avec les tailles qui comptent et les erreurs qui reviennent. Les besoins sont classés en quatre niveaux. Indispensable : à installer avant le jour de l'arrivée. Utile : ce qui facilite l'entretien au quotidien. Confort : quand le reste est en place. Inutile : ce que beaucoup achètent et regrettent. Le plus gros poste est la clôture, qui dépend directement du périmètre de votre terrain.
Deux animaux, jamais un seul, et les démarches à faire
Chèvres et moutons sont des animaux de troupeau. Seuls, ils s'ennuient, appellent sans arrêt et cherchent à rejoindre n'importe quel congénère, quitte à sauter la clôture. Prévoyez toujours au moins deux animaux de la même espèce, par exemple deux femelles ou deux mâles castrés, qui cohabitent bien plus calmement qu'un bouc entier. Le reste de l'équipement se calcule pour deux. Côté démarches, en France, tout détenteur de chèvres ou de moutons, même pour l'agrément, doit en principe se déclarer auprès de l'établissement départemental de l'élevage, et les animaux sont identifiés par des boucles aux oreilles. Demandez au vendeur ou à l'éleveur les documents de cession et la marche à suivre dans votre département. Repérez aussi avant l'arrivée un vétérinaire qui soigne les petits ruminants : tous ne le font pas, et c'est lui qui vous conseillera sur la vermifugation et les vaccins.
La clôture : hauteur, tension et escalade
Une chèvre grimpe, saute et teste chaque faiblesse de la clôture ; un mouton pousse et se faufile. Un grillage noué de 1,20 m de haut suffit en général pour des moutons ; pour des chèvres, visez plutôt 1,20 à 1,50 m, et surtout rien contre la clôture qui puisse servir de marchepied : tas de bois, banc, abri collé au grillage. Les poteaux en acier se plantent tous les deux à trois mètres, avec des poteaux d'angle plus solides, en bois de 9 cm de section au moins, contreventés pour ne pas se coucher quand on tend le grillage. Fixez le bas au sol pour que personne ne passe dessous. Un fil électrique posé en haut, côté intérieur, décourage vite les animaux de s'appuyer. Le portillon, enfin, se ferme par un loquet qu'une chèvre ne peut pas soulever du museau. Avant de lâcher les animaux, faites le tour du terrain : if, laurier-rose, rhododendron et azalée, parmi d'autres, sont toxiques pour eux et ne doivent pas être à leur portée, même par-dessus le grillage.
L'abri : sec, sans courant d'air, ouvert du bon côté
Les chèvres et les moutons supportent bien le froid sec, beaucoup moins l'humidité et le vent. L'abri doit donc rester sec avant tout : sol drainé ou plancher surélevé, toit étanche, trois côtés fermés et une ouverture tournée dos aux vents dominants et aux pluies, ce qui en France veut souvent dire vers le sud ou le sud-est. L'erreur classique est d'ouvrir l'abri face à la vue, donc souvent face au vent. Comptez au moins 1,5 à 2 m² au sol par animal, pour qu'un dominant ne bloque pas l'autre dehors sous la pluie. Garnissez le sol d'une bonne couche de paille, retirez les parties souillées chaque semaine et refaites la litière entièrement plusieurs fois par an : le fumier part très bien au compost ou au potager. L'été, l'abri sert aussi d'ombre : un enclos sans arbre ni abri devient vite une fournaise pour des animaux qui ne transpirent pas.
Foin, eau et minéraux : la base de tous les jours
Même sur un terrain bien enherbé, chèvres et moutons ont besoin de foin à volonté une bonne partie de l'année : l'herbe manque en hiver et pendant les sécheresses, et les chèvres préfèrent de toute façon brouter haut, ronces, arbustes et feuillages. Achetez le foin en bottes chez un agriculteur et stockez-le au sec, sous une bâche bien tendue ou dans un appentis. Distribuez-le dans un râtelier, jamais par terre où il se gâche. L'eau doit être propre et changée tous les jours ; une bassine souple se vide, se rince et ne casse pas en gelant, ce qui en fait un abreuvoir simple pour deux animaux. Ajoutez une pierre à lécher adaptée à l'espèce. Résistez enfin au pain sec, aux épluchures et aux restes de table : ce qui fait plaisir aux enfants qui les donnent dérange souvent la digestion des ruminants.
Onglons, brossage et surveillance
Sur un sol de jardin souple, les onglons ne s'usent pas assez et doivent être recoupés régulièrement, souvent toutes les six à dix semaines. Avec un sécateur à onglons et un animal tenu au collier par une deuxième personne, la séance prend quelques minutes par pied. Coupez peu à la fois, en suivant la forme de la sole, et arrêtez-vous dès que la corne devient rosée. La première fois, demandez à l'éleveur ou au vétérinaire de vous montrer le geste. Profitez de ces moments et d'un coup de brosse pour regarder les yeux, la laine ou le poil, les pattes et l'appétit : un animal qui reste couché à l'écart, qui boite ou qui ne rumine plus doit être vu rapidement par le vétérinaire. Les moutons à laine se tondent une fois par an, en général à la fin du printemps ; les chèvres naines, elles, gardent leur poil et ne se tondent pas.