Nos conseils
À savoir avant de commander
Les besoins sont classés en quatre niveaux. Indispensable : à avoir avant de bêcher. Utile : dans les premières semaines. Confort : quand le potager a pris sa place. Inutile : ce que beaucoup achètent au premier printemps et laissent au fond de l'abri, avec la raison.
Commencer petit, au bon endroit
La surface est la première erreur des débutants : un potager trop grand déborde dès juin et décourage. Une bande de 10 à 20 m², voire deux ou trois planches de 1,20 m de large, suffit largement pour une famille la première année, et se désherbe en une heure par semaine. Choisissez l'emplacement le plus ensoleillé du jardin, au moins six heures de soleil direct par jour, à l'écart des grands arbres dont les racines boivent l'eau des légumes, et près d'un point d'eau : un potager au fond du terrain, loin du robinet, est un potager qu'on arrose moins. Côté légumes, limitez-vous à cinq à huit variétés faciles et que vous mangez vraiment : radis, salades, haricots nains, courgettes, tomates en plants, bettes. Achetez les plants de tomates, poivrons et aubergines en jardinerie plutôt que de les semer vous-même la première année ; semez en terre ce qui lève facilement.
Ne pas planter trop tôt
Au premier week-end ensoleillé d'avril, la tentation est grande de tout mettre en terre. C'est l'erreur qui coûte le plus de plants. Une terre encore froide bloque la germination des haricots et la reprise des tomates, et une gelée tardive peut tout griller en une nuit. Dans une grande partie de la France, on attend traditionnellement la mi-mai, après les saints de glace, pour installer tomates, courgettes, poivrons et haricots en pleine terre ; en région méditerranéenne on peut avancer, en montagne ou dans le Nord-Est il faut parfois patienter davantage. Un thermomètre de sol donne un repère plus fiable que la date : la plupart des légumes d'été attendent une terre d'au moins 12 à 15 °C à quelques centimètres de profondeur. En attendant, semez ce qui supporte la fraîcheur, radis, salades, épinards, pois, et gardez un voile à portée de main pour les nuits fraîches.
Arroser moins souvent, mais mieux
Le réflexe du jet d'eau en fin d'après-midi, en plein soleil, sur tout le feuillage, fait trois dégâts : une grande partie de l'eau s'évapore avant d'atteindre les racines, la surface se croûte, et le feuillage mouillé favorise le mildiou, en particulier sur les tomates. Arrosez plutôt tôt le matin ou le soir, au pied des plants, avec l'arrosoir sans pomme ou le pistolet réglé en pluie douce. Mieux vaut un arrosage copieux deux fois par semaine qu'un peu chaque jour : l'eau descend en profondeur et les racines la suivent. Deux gestes réduisent ensuite fortement les besoins : biner pour casser la croûte, et pailler une fois la terre réchauffée. Les semis et les plants juste repiqués font exception : ils demandent une terre toujours fraîche jusqu'à ce qu'ils soient bien enracinés, avec la pomme fine de l'arrosoir pour ne pas déchausser les graines.
Protéger sans traiter
Sur un premier potager, la plupart des pertes viennent de trois causes qui se préviennent sans produit : le froid, les insectes et les limaces. Contre le froid, un voile de forçage posé sur les rangs les soirs frais. Contre les insectes, un filet à maille fine installé sur arceaux dès le semis protège carottes, poireaux, choux et radis de leurs ravageurs habituels, à condition d'être fermé au sol. Contre les limaces, la surveillance le soir après la pluie fait déjà beaucoup ; si elles ravagent les jeunes salades, des granulés au phosphate ferrique, utilisables en agriculture biologique, se dispersent en petite quantité autour des plants, en respectant l'étiquette et hors de portée des enfants et des animaux. Enfin, laissez un coin de fleurs, capucines, soucis ou phacélie : elles attirent les insectes utiles qui font une partie du travail à votre place.