Nos conseils
À savoir avant de commander
Les numériser permet de les sauver et d'en donner une copie à chacun. Cette page liste le matériel pour le faire vous-même, support par support, avec les réglages qui comptent et les erreurs les plus fréquentes : numériser en basse résolution pour aller plus vite, garder une seule copie, ou ranger ensuite les originaux dans des pochettes qui les abîment. Les besoins sont classés en indispensable, utile selon ce que vous avez à numériser, confort, et inutile, avec la raison.
Trier avant de numériser, et compter le temps
Numériser prend plus de temps qu'on ne l'imagine : avec un scanner à plat, comptez une à deux minutes par passage, en posant trois ou quatre tirages à la fois. Deux mille photos représentent donc une quinzaine à une vingtaine d'heures, sans compter les diapositives, qui se numérisent une par une. Le tri est la meilleure façon de gagner du temps : écartez les doublons, les flous, les paysages anonymes, et gardez tout ce qui montre des visages, des maisons, des lieux de la famille. Faites ce tri avec les plus âgés de la famille si vous le pouvez : ce sont eux qui savent qui est sur la photo, et c'est le moment de l'écrire au crayon tendre au dos. Avant de lancer le scanner, choisissez un classement simple pour les fichiers, par exemple année puis événement, et tenez-vous-y du premier au dernier. Numérisez aussi le dos des photos qui portent une date, un nom ou un tampon de photographe : ces informations disparaissent sinon à la première copie.
Quelle résolution pour les tirages, les diapositives et les négatifs
La règle tient en trois chiffres. Pour un tirage 10 x 15 ou plus grand, 600 ppp suffisent : le papier ne contient guère plus de détails, et le fichier reste raisonnable. Pour une petite photo ancienne, un format carré de 6 x 6 ou un portrait de 4 x 5 cm, montez à 1 200 ppp pour pouvoir l'agrandir. Pour une diapositive ou un négatif 24 x 36, il faut 3 000 à 4 000 ppp de résolution optique réelle, que seul un scanner de film atteint : c'est là que les numériseurs bon marché trichent, en annonçant des millions de pixels obtenus par calcul. Enregistrez une version maîtresse en TIFF ou en JPEG de qualité maximale, sans correction automatique, puis travaillez les couleurs et le recadrage sur une copie. Avant chaque séance, soufflez la poussière de la vitre et des films à la poire, sans chiffon, et manipulez les originaux par les bords avec des gants en nitrile.
Les cassettes vidéo : ne pas attendre
Une cassette VHS ou Hi8 perd lentement ses couleurs et son son, et les magnétoscopes en état de marche deviennent rares : c'est le support le plus urgent. Le principe est simple : le magnétoscope lit la cassette, un boîtier d'acquisition USB enregistre l'image sur l'ordinateur, en temps réel, une heure de film demandant une heure d'enregistrement. Si le magnétoscope n'a qu'une prise péritel, un adaptateur vers les prises RCA est nécessaire, réglé sur la sortie : un sélecteur mal positionné donne un écran noir. Faites un essai sur une cassette sans valeur pour vérifier que l'appareil n'abîme pas la bande. N'introduisez jamais une cassette qui sent le moisi ou montre des taches blanches sur la bande : elle peut encrasser les têtes de lecture et se déchirer. Celles-là, comme les films Super 8 ou 16 mm, sont à confier à un laboratoire spécialisé, qui dispose du matériel adapté.
Trois copies, dont une ailleurs
Des photos numérisées qui ne vivent que sur un ordinateur ne sont pas plus en sécurité que dans la boîte à chaussures : une panne, un vol ou un dégât des eaux suffit à tout perdre. La règle simple : trois copies, sur au moins deux supports différents, dont une conservée à une autre adresse. Concrètement, l'ordinateur, un SSD externe qui reste à la maison, et un disque dur externe confié à un proche ou rangé au travail, mis à jour à chaque nouvelle série. Un service de stockage en ligne peut jouer le rôle de la copie extérieure, si vous en avez déjà un. Branchez chaque disque une ou deux fois par an pour vérifier qu'il lit toujours tout, et remplacez-le après quelques années : aucun support n'est éternel. Pour la famille, une clé USB par foyer, avec les dossiers classés et un petit fichier texte qui dit qui est qui, se transmet bien mieux qu'un lien qui expire.
Que faire des originaux après la numérisation
Ne jetez pas les originaux : un tirage bien rangé dure des décennies, et il pourra être renumérisé avec un meilleur matériel. Rangez-les dans des pochettes en polypropylène sans PVC, une photo par pochette ou deux dos à dos, puis dans des boîtes en carton neutre, à plat, dans une pièce chauffée et sèche, loin des murs extérieurs. La cave, le grenier et le garage, qui connaissent de fortes variations de température et d'humidité, sont les pires endroits. Les pochettes plastiques ordinaires et les albums à pages autocollantes, très répandus dans les années 1970 et 1980, abîment les tirages avec le temps : si vous en héritez, numérisez les pages entières avant toute tentative de décollage. Pour les diapositives, gardez leurs boîtes ou leurs classeurs d'origine s'ils sont propres et secs. Notez enfin sur chaque boîte ce qu'elle contient et le dossier informatique correspondant.