Nos conseils
À savoir avant de commander
Le bon sac pèse 7 à 9 kg eau comprise et tient dans 30 à 38 litres : on dort en gîte d'étape ou en auberge, on lave son linge chaque soir, on trouve à manger dans les villages. Cette page liste ce qu'il faut vraiment emporter, classé en quatre niveaux, avec les caractéristiques qui comptent et une fourchette de prix. La fin de la liste compte autant que le début : elle rassemble ce que beaucoup de pèlerins emportent, portent trois jours, puis renvoient par la poste depuis la première grande ville.
Sept à neuf kilos : trier avant de partir
La règle souvent citée veut que le sac chargé ne dépasse pas un dixième de votre poids, et l'expérience des pèlerins la confirme : au-delà, les épaules, les genoux et les pieds le paient dès la deuxième semaine. Pour y parvenir, étalez tout sur le lit et posez-vous une question pour chaque objet : vais-je m'en servir tous les jours ? Un seul change suffit, puisque vous lavez le soir ce que vous portiez dans la journée. Remplacez les flacons par de petits contenants, le livre par une application ou quelques pages du guide, la trousse de toilette par l'essentiel. Pesez le sac plein, gourdes remplies, puis faites avec lui une vraie journée de marche d'une vingtaine de kilomètres avant le départ : ce qui vous gêne ce jour-là vous gênera trois semaines. Vous pourrez acheter en route presque tout ce qui manque, alors qu'on trouve rarement le courage de renvoyer ce qui pèse.
Les pieds d'abord : chaussures, chaussettes et ampoules
Une grande partie des abandons sur le chemin viennent des pieds. Choisissez des chaussures de randonnée basses ou des chaussures de trail robustes, une pointure au-dessus de votre taille habituelle, et marchez au moins 50 à 100 km avec elles avant de partir. Les chaussettes comptent autant : en laine ou en fibres synthétiques, sans coutures épaisses, jamais en coton, qui garde l'humidité et fait frotter. Emportez-en trois ou quatre paires, une aux pieds, une qui sèche, une de rechange. Le matin, passez un stick anti-frottements sur les zones sensibles. À la première sensation de chaleur ou de frottement, arrêtez-vous et protégez l'endroit : une rougeur traitée à midi évite une ampoule le soir. À l'étape, sortez les pieds des chaussures et laissez celles-ci sécher ouvertes. Une ampoule qui rougit, chauffe ou suinte, ou une douleur qui augmente de jour en jour, se montre à un pharmacien ou à un médecin.
Le rythme du gîte : dormir, se laver, laver son linge
La journée du pèlerin suit un rythme simple : départ tôt, arrivée en début d'après-midi, douche, lessive, repas. L'équipement du soir doit donc être léger et rapide à utiliser. En France, de nombreux gîtes fournissent des couvertures mais demandent un drap de sac pour l'hygiène ; en Espagne, beaucoup d'auberges n'en prêtent pas, et un sac de couchage léger devient utile. En dortoir, les bouchons d'oreilles font souvent la différence entre une nuit de repos et une nuit blanche, et une frontale permet de faire son sac à six heures sans réveiller les voisins. Une serviette microfibre et des tongs pour les douches collectives complètent l'ensemble. Pour la lessive, un savon solide sert au corps comme au linge, une corde sans pinces se tend n'importe où, et quelques épingles à nourrice accrochent au sac les chaussettes pas encore sèches. Jetez un œil aux coutures du matelas en arrivant : les punaises de lit circulent dans les hébergements très fréquentés.
Pluie, soleil et fraîcheur du printemps
Au printemps, une même semaine peut passer d'un matin proche de zéro sur l'Aubrac à un après-midi de plein soleil dans le Quercy. Ce qui fonctionne, c'est le principe des couches : un t-shirt en laine mérinos ou en synthétique qui sèche vite, une polaire légère pour le matin et le soir, un poncho qui couvre à la fois le marcheur et le sac. Le poncho reste aéré, là où une veste imperméable peu respirante mouille autant de l'intérieur que la pluie de l'extérieur. Un pantalon de randonnée léger suffit pour la journée. Contre le soleil, un chapeau à larges bords protège la nuque et le visage, et la crème solaire se remet à la pause de midi. Les tiques sont actives au printemps sur les chemins herbeux : examinez-vous chaque soir et gardez un tire-tique dans la pharmacie. Pour l'eau, deux gourdes d'un litre suffisent sur la plupart des étapes, remplies aux fontaines et dans les cafés des villages.