Nos conseils
À savoir avant de commander
Cette page classe ce qu'il faut en quatre niveaux, indispensable, utile, confort et inutile, avec des budgets indicatifs et les erreurs qui transforment un compost en bac malodorant. Avant d'acheter, interrogez votre commune ou votre intercommunalité : beaucoup proposent des composteurs à prix réduit, une courte formation ou un composteur partagé en pied d'immeuble.
Jardin, balcon ou cuisine : choisir le bon système
Avec un bout de terre, même de quelques mètres carrés, le composteur en bac est la solution la plus simple : on le pose directement sur le sol, dans un coin mi-ombragé et accessible toute l'année, et la faune du sol fait le travail. Comptez 400 litres pour un foyer de deux à quatre personnes avec un petit jardin. Sans terre, en appartement ou sur une cour bétonnée, le lombricomposteur prend le relais : des vers spécialisés digèrent les épluchures dans des plateaux empilés, sans odeur quand il est bien conduit, et il tient dans une entrée, un cellier ou un coin de balcon abrité. Le bokashi, un seau de fermentation, est un complément et non une solution complète, car son contenu doit ensuite finir dans la terre ou dans un composteur. Enfin, si votre immeuble ou votre quartier dispose d'un composteur partagé, le bio-seau seul peut suffire : c'est souvent la meilleure option quand la place manque vraiment.
Le bon mélange : du vert, du brun, de l'air et un peu d'eau
Un compost qui sent mauvais manque presque toujours d'air ou de matière sèche. La règle pratique consiste à ajouter à chaque apport de déchets humides, épluchures, restes de légumes, tontes fraîches, un volume équivalent de matière brune et sèche : feuilles mortes, carton brun déchiré, boîtes d'œufs, petites branches broyées. Gardez un sac de feuilles ou un carton de papier journal à côté du bac pour ne jamais en manquer. Brassez le haut du tas toutes les une à deux semaines avec un aérateur, et retournez l'ensemble à la fourche deux ou trois fois par an. L'humidité idéale est celle d'une éponge essorée : trop sec, rien ne se passe ; trop mouillé, ça fermente. Dans un bac de jardin, évitez la viande, le poisson et les produits laitiers, qui attirent les rongeurs et les chats. Les agrumes, l'ail et l'oignon passent en petite quantité au jardin, mais les vers d'un lombricomposteur les supportent mal.
Réussir un lombricomposteur en appartement
L'emplacement décide de presque tout. Les vers de compost vivent bien entre 15 et 25 °C environ : un balcon exposé plein sud en été ou un rebord de fenêtre au soleil les tue, un balcon gelé en hiver les met en sommeil. Une entrée, un cellier, un placard de cuisine ou un balcon à l'ombre conviennent. Il faut des vers de compost, qui ne sont pas les vers de terre du jardin : on les obtient auprès d'un voisin qui en a déjà, d'une association de compostage ou d'un éleveur spécialisé. Démarrez avec une litière humide de fibre de coco ou de carton, puis nourrissez peu les premières semaines, le temps que la colonie s'installe. Coupez les déchets en petits morceaux, enfouissez-les sous la litière et couvrez toujours d'un carton humide. Des moucherons signalent un excès de nourriture ou de fruits : réduisez les apports et ajoutez du carton. Le liquide recueilli au robinet se dilue largement dans l'eau avant d'arroser les plantes.
Récolter et utiliser le compost
Au jardin, comptez six à douze mois pour un compost mûr, selon la saison et l'entretien du tas ; au lombricomposteur, le premier plateau est souvent prêt après trois à six mois. Un compost mûr est sombre, grumeleux, sans morceaux reconnaissables hormis quelques coquilles ou branchettes, et il sent le sous-bois. Prélevez-le par la trappe du bas du bac, ou retirez le plateau inférieur du lombricomposteur une fois que les vers sont montés vers la nourriture fraîche. Passé au tamis, il donne une terre fine ; ce qui reste dans le tamis repart simplement au composteur. Le compost s'utilise comme amendement, étalé en surface au pied des massifs et du potager ou mélangé à du terreau pour les jardinières, dans une proportion d'un quart à un tiers. Utilisé pur pour des semis, il est trop riche et les jeunes plants en souffrent.