Nos conseils
À savoir avant de commander
Ce qui décide de sa durée de vie ne se voit plus une fois le béton sec : un fond bien compacté, un treillis placé au milieu de l'épaisseur, un dosage d'eau constant et une cure à l'abri du soleil. Cette page liste le matériel pour une dalle d'environ 2 x 2 m sur 10 cm d'épaisseur, soit 0,4 m³ de béton, avec les quantités correspondantes que vous pourrez adapter à votre surface. Chaque besoin est classé en quatre niveaux, avec une fourchette de prix, et le bas de page réunit ce qu'on achète souvent pour rien. Au-delà d'une dizaine de mètres carrés, ou si la dalle doit porter une voiture ou une construction lourde, faites appel à un professionnel.
Préparer le fond : décaisser, compacter, isoler
Décaissez d'abord la surface sur 20 à 25 cm, en retirant toute la terre végétale et les racines : une dalle posée sur de la terre meuble s'enfonce d'un côté. Étalez ensuite un hérisson de gravier concassé 20/40 sur 10 à 15 cm, en deux couches légèrement humidifiées, et compactez chacune à la dame jusqu'à ce que votre pied ne laisse plus de trace. Pour 4 m² sur 10 cm, comptez environ 0,4 m³ de gravier, soit 600 kg, davantage pour 15 cm : au-delà d'une vingtaine de sacs, un big bag livré par un négoce est souvent plus économique. Posez par-dessus un film polyane de 150 à 200 microns, lés recouverts d'au moins 20 cm et remontés contre le coffrage. Le film empêche le sol de boire l'eau du béton pendant la prise et coupe les remontées d'humidité sous un abri. Oublier le hérisson ou le compactage est l'erreur la plus fréquente : la dalle paraît parfaite pendant un an, puis se fissure au premier hiver pluvieux.
Coffrage et treillis : le cadre et l'armature
Le coffrage se monte avec des planches de 22 à 27 mm posées sur chant, maintenues par des piquets tous les 50 à 80 cm, côté extérieur. Tracez d'abord les côtés au cordeau et vérifiez l'équerre en mesurant les deux diagonales : elles doivent être égales à quelques millimètres près. Réglez ensuite le dessus des planches, qui sera le niveau fini de la dalle : parfaitement horizontal sous un abri fermé, ou avec une pente de 1 à 2 % vers l'extérieur si la dalle reste sous la pluie, soit 2 à 4 cm sur 2 m. Badigeonnez les planches d'huile de décoffrage. Contre un mur existant, collez une bande de mousse de 5 à 10 mm pour que la dalle ne s'y appuie pas. Coupez enfin le treillis soudé pour qu'il s'arrête à environ 5 cm des planches, faites se recouvrir deux panneaux d'une maille, et posez-le sur des cales de 3 à 4 cm : il doit se retrouver noyé dans le béton, pas collé au film.
Gâcher et couler : la même eau à chaque gâchée
Pour 0,4 m³, il faut environ 26 sacs de béton prêt à gâcher de 35 kg, pertes comprises. Le béton se fragilise surtout quand on ajoute de l'eau pour le rendre plus facile à étaler : mesurez l'eau au seau gradué, à la quantité indiquée sur le sac, et gardez exactement la même à chaque gâchée. À la main, 26 sacs représentent une journée très physique ; une bétonnière de 140 à 160 L, louée ou achetée, tourne un ou deux sacs à la fois en quelques minutes et donne un béton homogène. Coulez en continu, d'un bout à l'autre, sans laisser une partie commencer à prendre avant d'ajouter la suivante. Piquez le béton à la pelle le long des planches et tapez le coffrage au marteau pour chasser les bulles. Tirez ensuite la surface à la règle de 2 m, en la faisant glisser en zigzag sur le dessus des planches, puis comblez les creux et repassez. Lissez à la lisseuse quand le béton commence à tirer, pas avant.
La cure : le séchage qui fait la solidité
Un béton ne sèche pas, il durcit en consommant son eau, et s'il la perd trop vite, la surface farine et se fissure en toile d'araignée. Au soleil ou par vent sec, c'est l'affaire de quelques heures. Couvrez la dalle d'une bâche plastique dès qu'on peut la toucher sans marquer, et gardez-la humide pendant au moins cinq à sept jours, en arrosant en pluie fine matin et soir s'il fait chaud. Évitez de couler par forte chaleur, en plein après-midi d'été, et quand du gel est annoncé dans les jours qui suivent : un béton frais qui gèle perd une bonne partie de sa résistance. Le printemps et le début de l'automne, par temps couvert et doux, sont les meilleures périodes. On marche sur la dalle au bout de deux ou trois jours, on décoffre à ce moment-là, et on attend environ quatre semaines avant de poser une charge lourde : c'est le délai de référence pour atteindre la résistance annoncée.
Sécurité et formalités avant de commencer
Le ciment frais est très alcalin : au contact prolongé de la peau, il peut provoquer de véritables brûlures, souvent sans douleur sur le moment, en particulier quand il pénètre dans une botte ou sous un gant troué. Portez des gants étanches, des manches longues, un pantalon rentré dans des bottes, et des lunettes pour gâcher et verser. Rincez immédiatement à l'eau claire toute projection, et abondamment en cas de contact avec l'œil. Une bétonnière se branche sur une prise protégée par un différentiel 30 mA, et personne ne met la main dans la cuve en marche. Côté formalités, une dalle de plain-pied ne demande en général aucune autorisation, sauf en secteur protégé, aux abords d'un monument historique par exemple. L'abri qu'elle portera demande en général une déclaration préalable entre 5 et 20 m², un permis au-delà, et le plan local d'urbanisme peut fixer des règles d'implantation. Renseignez-vous avant de couler : une dalle ne se déplace pas.