Nos conseils
À savoir avant de commander
Cette page liste ce qu'il faut pour installer un coin de jeu qui tient la route, de l'instrument à la banquette, avec les caractéristiques qui comptent et une fourchette de prix réaliste. Les besoins sont classés en quatre niveaux : indispensable pour commencer, utile dans les premières semaines, confort pour plus tard, et inutile, c'est-à-dire ce que beaucoup achètent au début puis laissent dans un placard.
Le toucher lourd et les 88 touches, ce qui ne se négocie pas
Sur un piano acoustique, chaque touche actionne un marteau : elle résiste sous le doigt, un peu plus dans les graves que dans les aigus. Un piano numérique à touches lestées, dites à mécanique marteau, reproduit cette résistance. C'est ce qui construit la force et l'indépendance des doigts, et ce qui permet de passer sans surprise sur le piano d'un professeur ou d'un conservatoire. Les claviers à touches légères, même annoncés « dynamiques », se jouent du bout des doigts : on y prend des habitudes qu'il faudra défaire. Le nombre de touches compte aussi. Un clavier de 61 touches suffit pour accompagner une chanson, mais la musique classique utilise vite les extrémités, et certaines pièces faciles en sortent déjà. Le choix le plus sûr reste un piano de 88 touches lestées, en format portable avec un stand ou en format meuble. Le reste, nombre de sons, rythmes, écran, ne change rien pour apprendre.
Hauteur, banquette et pédale : un poste de jeu qui ménage le dos
Le bon réglage se vérifie assis : avant-bras à peu près à l'horizontale, coudes légèrement au-dessus des touches, pieds à plat, genoux sous le bord du clavier. On y arrive en réglant la banquette plutôt que le stand, car c'est elle qui s'adapte à chaque personne qui joue. Une chaise de cuisine est presque toujours trop basse pour un adulte et trop haute pour un enfant, qui aura en plus besoin d'un repose-pieds. Placez le piano contre un mur intérieur plutôt que contre la cloison du voisin, loin d'un radiateur et d'une fenêtre en plein soleil. La pédale de sustain vient en même temps : c'est la pédale de droite, abordée dès les premiers mois. Le petit interrupteur carré livré avec de nombreux modèles glisse sur le parquet et ne se dose pas ; une pédale de type piano, lestée, est un petit budget qui change le confort au quotidien.
Jouer au casque et ménager les voisins
L'intérêt d'un piano numérique, c'est de pouvoir travailler à 22 heures sans déranger personne. Le casque coupe le son dans la pièce, mais pas tout : le choc des touches et de la pédale passe par le stand et le plancher, et s'entend chez le voisin du dessous, surtout dans un immeuble ancien. Des patins antivibration sous les pieds du stand, un tapis épais sous l'ensemble et un jeu moins appuyé tard le soir règlent l'essentiel. Côté casque, prenez un modèle filaire et fermé : le filaire n'ajoute aucun décalage entre la touche et le son, et le fermé garde la musique pour vous. Vérifiez la sortie casque du piano, souvent un gros jack 6,35 mm, et gardez l'adaptateur à portée de main. Réglez un volume modéré : une heure trop fort chaque soir finit par fatiguer l'oreille.
Méthode, professeur ou application : de quoi s'organiser
Le matériel ne fait pas progresser à lui seul : ce qui compte, c'est un travail court et régulier, vingt minutes par jour valant mieux que deux heures le dimanche. Une méthode papier donne une progression claire, de la lecture des notes aux premiers morceaux à deux mains. Les applications d'apprentissage, reliées au piano par un câble USB, écoutent ce que vous jouez et corrigent en direct : c'est motivant, mais elles ne voient pas la position de vos mains. Quelques cours avec un professeur, même espacés, restent le moyen le plus sûr d'éviter une mauvaise posture des poignets, qui s'installe vite. Pour un enfant, parlez-en avec le professeur avant d'acheter : il a souvent un avis sur la méthode et sur le type de piano à privilégier, et il pourra vérifier la hauteur de l'assise lors d'un premier cours.