Nos conseils
À savoir avant de commander
Cette page liste le matériel qui permet d'agir dans la première heure, puis de sécher pour de bon, et enfin d'éviter la fuite suivante. Indispensable : ce qu'il vaut mieux avoir déjà rangé quelque part. Utile : ce qui accélère le séchage et protège vos affaires. Confort : les parades contre les fuites les plus fréquentes. Inutile : ce que l'on achète dans l'urgence et qui ne règle rien. Les démarches d'assurance ne s'achètent pas, mais elles commencent dès les premières minutes : la page vous dit lesquelles.
Les cinq premières minutes : couper avant d'éponger
Le premier geste n'est pas la serpillière, c'est le robinet. Fermez l'arrivée de l'appareil en cause si vous la trouvez, sinon le robinet d'arrêt général, souvent près du compteur, dans un placard technique, sous l'évier ou à la cave. Repérez-le aujourd'hui, à froid, et vérifiez qu'il tourne encore. Si l'eau a atteint des prises, une multiprise posée au sol, un appareil branché ou si elle coule d'un plafond où passe un luminaire, coupez le disjoncteur général avant de marcher dans la flaque, et éclairez-vous à la lampe torche. Ne touchez pas un appareil électrique branché les pieds dans l'eau. Si la fuite vient de l'étage au-dessus, montez prévenir le voisin ou le syndic : tant que la source coule, éponger ne sert qu'à vider un seau qui se remplit. Ensuite seulement, déplacez meubles, cartons et tapis, et posez une bâche sur ce qui ne peut pas bouger.
Retirer l'eau : dans l'ordre, du plus gros au plus fin
Sur quelques litres, une raclette et une serpillière essorée dans un seau suffisent. Au-delà d'un centimètre sur toute une pièce, un aspirateur eau et poussières change la soirée : il ramasse l'eau au ras des plinthes et entre les lames d'un parquet, là où une serpillière ne fait que l'étaler. Raclez d'abord vers un point bas, aspirez ensuite, terminez avec des chiffons microfibre. Dans une cave ou un sous-sol inondé, une pompe vide-cave évacue l'eau vers l'extérieur pendant que vous sortez les affaires ; choisissez-la pour eaux claires si l'eau est propre, pour eaux chargées si elle est boueuse. Sous une auréole de plafond qui goutte, un seau et une bâche pour limiter les éclaboussures, puis l'avis d'un professionnel si le plafond se bombe : ne le percez pas vous-même. Tout ce qui a trempé, cartons, livres, textiles, sort de la pièce dans des caisses plutôt que de sécher sur place.
Sécher vraiment : déshumidifier, ventiler, mesurer
Un sol qui paraît sec en surface peut garder de l'eau pendant des semaines dans une chape, sous un parquet ou derrière une plaque de plâtre, et c'est là que les moisissures s'installent, parfois dès les premiers jours. Laisser simplement la fenêtre ouverte ne suffit pas, surtout en hiver. La combinaison qui marche : un déshumidificateur à compresseur de 20 litres par jour, porte et fenêtres fermées, et un ventilateur qui brasse l'air au ras des surfaces mouillées. Videz le bac ou raccordez l'évacuation continue, et laissez tourner jour et nuit. Un hygromètre vous dit si l'air de la pièce redescend vers 50 à 60 % ; un humidimètre à pointes vous dit si le mur ou la plinthe sèche vraiment, en comparant avec un mur sain du même matériau. Tant que les deux chiffres ne sont pas stabilisés, on ne repeint pas, on ne recolle pas de papier peint et on ne referme pas un doublage.
Assurance et voisins : ce qu'il faut garder et noter
Le matériel n'est qu'une moitié du dégât des eaux ; l'autre, c'est le dossier. Avant de nettoyer, photographiez la source de la fuite, les traces au plafond et aux murs, les objets abîmés et le niveau de l'eau. Gardez les objets endommagés jusqu'au passage de l'assureur ou de l'expert, ainsi que les tickets du matériel acheté pour limiter les dégâts, qui peuvent selon votre contrat entrer dans les frais pris en charge. Déclarez le sinistre à votre assureur dans le délai prévu par votre contrat, le plus souvent cinq jours ouvrés, le minimum fixé par la loi. Quand un voisin est concerné, remplissez ensemble un constat amiable de dégât des eaux, disponible auprès des assureurs, et prévenez le syndic si la fuite vient d'une partie commune ou d'une colonne. Les règles de prise en charge entre assureurs varient selon le montant et la situation : laissez votre assureur vous dire qui gère le dossier plutôt que de régler le différend entre voisins.
La fuite suivante : là où elles commencent
La plupart des fuites domestiques partent de quelques endroits connus : les flexibles sous l'évier et le lavabo, le tuyau d'arrivée du lave-linge, le chauffe-eau et le mécanisme de chasse d'eau. Un flexible tressé qui a plus d'une dizaine d'années, rouillé aux sertissages ou gonflé, se remplace pour quelques euros avant qu'il cède. Un bac de rétention sous le lave-linge recueille une fuite lente, et une pastille colorée dans le réservoir des toilettes révèle en vingt minutes une chasse qui coule en continu. Le détecteur de fuite, enfin, n'a d'intérêt que s'il vous prévient là où vous êtes : un modèle qui sonne seul dans un appartement vide ne sert à rien pendant vos vacances. Choisissez-en un qui envoie une alerte au téléphone, posé au point bas derrière la machine ou au pied du chauffe-eau, et prenez l'habitude de fermer l'arrivée générale avant une longue absence.