Nos conseils
À savoir avant de commander
Chaque ligne indique la caractéristique qui compte, le poids ou l'encombrement, une fourchette de prix honnête et le piège classique. Les besoins sont classés en quatre niveaux. Indispensable : sans cela, le week-end devient pénible. Utile : ce qui règle un vrai problème sur place. Confort : quand la place et le budget le permettent. Inutile : ce que l'on emporte et que l'on abandonne. Dernier point à traiter avant de faire le sac : le règlement du festival, qui décide de ce qui passe la barrière.
Tout doit tenir sur votre dos
Sans voiture, la contrainte n'est pas le budget mais le poids et le volume. Entre la gare ou le point de dépose et le camping, il y a souvent une navette, une file d'attente et un à deux kilomètres de marche dans l'herbe. Une valise à roulettes y est ingérable : il faut un sac à dos de 50 à 60 litres avec une vraie ceinture ventrale, réglé chez vous une fois chargé. Viser 20 % de votre poids de corps est une bonne limite. Le trio qui pèse le plus lourd est la tente, le couchage et l'eau. Une tente 2 places sous 3 kg, un matelas de sol sous 700 g et un sac de couchage synthétique compressible suffisent largement pour trois nuits d'été. Pour l'eau, ne partez pas avec des bouteilles pleines : les rampes d'eau potable sont gratuites sur la plupart des sites, une gourde souple pliable pèse 40 grammes une fois vide. Et gardez de la place pour le retour, parce que la tente repart mouillée et deux fois plus encombrante qu'à l'aller.
Il fera trop chaud, et il pleuvra
En juillet ou en août, les deux arrivent souvent dans le même week-end, et c'est ce qui rend la liste plus longue qu'on ne l'imagine. Côté chaleur : la tente devient invivable dès 8 heures du matin, d'où le masque de sommeil pour gagner deux heures de sommeil, la crème solaire 50+ à réappliquer, un chapeau et de l'eau en permanence. Côté pluie : un poncho ample qui couvre aussi le sac, et surtout un sac étanche à enroulement pour le sac de couchage et une tenue sèche. Une seule nuit de pluie transforme la prairie en boue pour le reste du séjour, et ce qui est mouillé le premier soir le reste jusqu'au dimanche. Deux réflexes coûtent peu et changent tout : ne rien poser à même le sol dans la tente, et emporter deux sacs-poubelle épais, l'un pour doubler le sac à dos, l'autre pour la tente boueuse au retour. Si la pluie est annoncée deux jours avant, des bottes courtes valent leur kilo.
Ce qui risque d'être refusé au contrôle
Les listes varient d'un festival à l'autre, et parfois d'une année sur l'autre : seule la page « infos pratiques » de l'événement fait foi, et elle se lit quelques jours avant le départ. Quelques constantes se retrouvent toutefois presque partout en France. Le verre est refusé sous toutes ses formes, bouteilles comme flacons, au camping comme dans l'enceinte. Les bouteilles de gaz, cartouches et réchauds sont très souvent interdits au camping, pour des raisons d'incendie évidentes dans un champ de tentes. Les barbecues, les feux et les bougies le sont en général aussi. À l'entrée de l'enceinte des concerts, on ajoute d'ordinaire les objets tranchants, les aérosols, les parapluies, les sièges pliants, les perches à selfie, les grands sacs et les bouteilles déjà pleines. Le plus simple est de composer votre liste en supposant qu'aucune flamme n'est autorisée, puis de vérifier. Pensez aussi à ce que le festival fournit : sacs de tri, eau potable et souvent des protections auditives.
Vos oreilles, votre téléphone, votre sommeil
Trois choses s'abîment vite en festival, et deux se protègent pour moins de cinquante euros. L'audition d'abord : plusieurs jours devant des enceintes fatiguent durablement, et les bouchons à filtre, qui atténuent d'environ 18 décibels sans étouffer la musique, sont la seule vraie réponse. La réglementation française encadre les niveaux sonores des lieux et festivals de musique amplifiée et prévoit en principe la mise à disposition de protections auditives par l'organisateur : renseignez-vous sur place, beaucoup en distribuent gratuitement. Le téléphone ensuite : il sert de billet, de carte, d'appareil photo et de point de rendez-vous, il cherche le réseau en permanence et il ne tient pas deux jours. Une batterie de 20 000 mAh et un câble multi-embouts couvrent le week-end à deux. Le sommeil enfin : bouchons en mousse pour la nuit, différents de ceux du concert, masque occultant et un oreiller compressible. Dormir quatre heures correctement vaut mieux que six mauvaises.
Ce qui repart avec vous
Les tentes, matelas et chaises abandonnés en fin de festival sont devenus un vrai sujet pour les organisateurs, qui doivent les évacuer par bennes entières. L'idée que ce matériel serait redistribué est largement fausse : mouillé et piétiné, l'essentiel part en déchets. C'est aussi ce qui explique la longévité de cette liste. Une tente à 25 euros n'est pas une bonne affaire, elle fuit la première nuit et finit dans la benne ; une tente correcte tient plusieurs saisons et se revend. Achetez donc un peu au-dessus du premier prix sur trois lignes seulement, la tente, le sac à dos et le sac de couchage, et restez modeste sur tout le reste. Prévoyez enfin le démontage : un grand sac-poubelle pour la tente humide, dix minutes pour ramasser l'emplacement et le tri sur place, souvent organisé avec une consigne remboursée. C'est aussi ce qui décide si le festival aura encore le droit d'utiliser ce champ l'an prochain.