Nos conseils
À savoir avant de commander
Un abri posé à même la pelouse pourrit par le bas en quelques hivers, un abri métallique mal ancré peut se déplacer au premier coup de vent. Cette page part d'un abri déjà choisi, en bois ou en métal, et liste ce que le carton ne contient pas : la fondation sur plots, les équerres et les vis extérieures, la lasure, les outils et les protections. Elle rappelle aussi la règle d'urbanisme qu'on oublie le plus souvent, la déclaration préalable au-delà de 5 m². Les besoins sont classés en quatre niveaux, avec une fourchette de prix pour chacun.
Avant les cartons : 5 m², 20 m² et la mairie
En règle générale, un abri de jardin dont l'emprise au sol et la surface de plancher ne dépassent pas 5 m² ne demande aucune formalité. Entre 5 et 20 m², il faut déposer une déclaration préalable de travaux en mairie avant de commencer, et au-delà de 20 m² un permis de construire. Ces seuils changent en secteur protégé, près d'un monument historique par exemple, où même un petit abri peut demander une déclaration. Le plan local d'urbanisme peut en outre imposer une distance aux limites séparatives, une hauteur maximale ou un aspect de toiture : consultez-le en mairie ou en ligne. Un abri clos et couvert de plus de 5 m², haut de plus de 1,80 m sous plafond, entre en principe dans le calcul de la taxe d'aménagement, et une construction nouvelle se déclare en principe aux impôts dans les 90 jours qui suivent son achèvement. Vérifiez ces points sur service-public.fr et auprès de votre mairie avant de commander : c'est le moment où l'on peut encore choisir un modèle plus petit.
Dalle, plots ou vis de fondation
Un abri ne se pose jamais directement sur la terre. Trois bases sont courantes. La dalle béton, d'une dizaine de centimètres sur un lit de gravier compacté, est la plus solide et convient bien aux abris métalliques, qu'on ancre directement dedans ; elle demande du temps, une bétonnière ou beaucoup d'huile de coude, et se décide pour longtemps. Les plots réglables portent des lambourdes traitées classe 4 à quelques centimètres du sol : l'air circule dessous, le terrain peut être légèrement en pente, et l'ensemble se démonte. Chaque plot se pose sur une dalle de béton ou un pavé calé sur du gravier, jamais sur la pelouse. Les vis de fondation, enfoncées dans le sol à la visseuse, sont rapides mais se choisissent selon la nature du terrain. Quelle que soit la base, déroulez un géotextile dessous pour éviter que les herbes ne remontent, et prévoyez une base légèrement plus grande que l'abri pour que l'eau du toit ne tombe pas sur le plancher.
De niveau, d'équerre, puis seulement le montage
La moitié des difficultés de montage vient d'une base mal réglée : une porte qui frotte, des planches qui ne s'emboîtent plus, un toit qui prend l'eau. Réglez chaque plot au niveau à bulle en posant une lambourde droite dessus, dans les deux sens. Vérifiez l'équerre en mesurant les deux diagonales du rectangle : elles doivent être égales à quelques millimètres près. Seulement ensuite, ouvrez les cartons et triez les pièces par numéro sur des tréteaux ou une bâche, à l'abri de la pluie. Pour un abri en bois à madriers emboîtés, montez les murs rangée par rangée en tapant au maillet avec une chute de bois intercalée, jamais directement sur la languette. Ne vissez pas les madriers entre eux : le bois gonfle et se rétracte avec l'humidité, et l'abri doit pouvoir descendre de quelques millimètres. Pour un abri métallique, gardez les gants tout le temps, les tôles coupent, et montez-le par temps calme, car une paroi non fixée se transforme en voile.
Toit, traitement et ancrage : ce qui fait durer
Le feutre bitumé livré avec beaucoup d'abris en bois est fin et se déchire en quelques années. Le remplacer dès le montage par des bardeaux bitumés, ou le doubler, coûte un peu plus et évite d'avoir à refaire la toiture avec l'abri rempli. Côté traitement, un bois vendu « traité » a souvent reçu une protection légère de trempage, pas un autoclave : passez deux couches de lasure sur toutes les faces exposées, idéalement sur les planches avant montage, et un produit de traitement sur chaque coupe. Renouvelez la lasure tous les deux à quatre ans selon l'exposition. Enfin, ancrez l'abri. Sur plots, des équerres galvanisées vissées entre la lisse basse et les lambourdes suffisent ; sur une dalle, des goujons d'ancrage en acier galvanisé traversent les équerres. Un abri métallique, léger et à grande prise au vent, doit être fixé sans exception, en suivant la notice du fabricant.