Nos conseils
À savoir avant de commander
Les besoins sont classés en quatre niveaux : indispensable pour enregistrer dès le premier soir, utile pour mixer correctement, confort pour travailler plus agréablement, et inutile pour ce que beaucoup achètent en premier puis regrettent. Le logiciel n'y figure pas : plusieurs sont gratuits, et beaucoup d'interfaces en fournissent un.
Le trajet du son : ce qui est indispensable
Tout home studio suit le même chemin. Le micro, ou l'instrument, envoie un signal faible dans l'interface audio ; elle l'amplifie, le convertit et le transmet à l'ordinateur par USB, puis renvoie le résultat vers votre casque. Chaque maillon compte, et le plus souvent oublié est le plus simple : le câble XLR entre le micro et l'interface n'est presque jamais dans la boîte du micro, pas plus que le pied. Pour commencer, une interface à deux entrées suffit, parce qu'elle permet d'enregistrer une voix et une guitare en même temps. Prenez-la avec alimentation fantôme 48 V, même si votre premier micro n'en a pas besoin : le jour où vous passerez à un micro statique, vous n'aurez rien à racheter. Le casque fermé, enfin, est le seul moyen d'écoute possible pendant la prise, puisque le micro capterait le son des enceintes. Avec ces cinq éléments, vous enregistrez proprement dès le premier soir.
Choisir le micro selon la pièce, pas selon la fiche technique
L'erreur la plus répandue consiste à acheter un micro statique très sensible pour une chambre aux murs nus. Il capte tout : la voix, mais aussi l'écho du plafond, le ventilateur de l'ordinateur et la voiture qui passe. Le résultat sonne amateur, et on accuse le micro. Dans une pièce non traitée, un micro dynamique chanté à cinq ou dix centimètres donne un son plus net, parce qu'il n'entend presque que ce qui se trouve juste devant lui. Le micro statique trouve sa place ensuite, pour une voix douce, une guitare acoustique ou un piano, une fois quelques panneaux absorbants posés. Dans les deux cas, un filtre anti-pop entre la bouche et la capsule évite les P et les B qui claquent, et fixe une distance constante d'une prise à l'autre. Pour un podcast à deux, prévoyez un micro dynamique par personne plutôt qu'un seul micro posé au milieu de la table.
Enceintes de monitoring : le placement avant le prix
Rien ne presse pour les enceintes : on peut enregistrer et faire un premier mixage au casque. Mais un mixage réalisé uniquement au casque trompe sur les basses et sur la place de chaque instrument, et c'est là que des enceintes de monitoring deviennent utiles. En chambre ou en bureau, des modèles de 5 pouces suffisent ; plus grands, ils réveillent les basses de la pièce au lieu de les montrer. Leur placement compte autant que leur prix. Formez un triangle équilatéral entre les deux enceintes et votre tête, tweeters à hauteur d'oreille, à une vingtaine de centimètres du mur au moins, et jamais dans un coin, où les basses gonflent. Posez-les sur des mousses de découplage ou sur des supports plutôt que directement sur le bureau, qui résonne. Branchez-les avec des câbles symétriques, pour éviter le bourdonnement qu'on entend souvent avec des câbles de guitare.
Traiter la pièce sans la transformer en studio
Il faut distinguer deux problèmes. Le premier est l'acoustique de la pièce : l'écho et les résonances qui font sonner une voix creuse. Il se corrige avec des matériaux absorbants épais, placés aux bons endroits : sur les murs à gauche et à droite du bureau, à hauteur d'oreille, et derrière le chanteur, puisque c'est ce mur que le micro a en face de lui. Quatre à six panneaux de 5 cm changent déjà nettement le son, et une bibliothèque pleine, un canapé ou une couette tendue aident aussi. Le second problème est l'isolation, c'est-à-dire le bruit qui part chez les voisins ou qui entre depuis la rue. Aucune mousse, aucune peinture et aucun panneau ne le règle : il faut de la masse et de l'étanchéité, donc des travaux. En appartement, la solution réaliste consiste à travailler au casque le soir et à garder le chant à pleine voix et les amplis pour la journée.