Nos conseils
À savoir avant de commander
Si un atelier accepte de cuire vos pièces, l'argile à cuire devient possible. Cette page liste le matériel pour débuter le modelage à la main, par pincement, colombins et plaques, sans tour : la terre, quelques outils bien choisis, une surface de travail et de quoi finir les pièces. Les besoins sont classés en quatre niveaux, avec en bas ce que beaucoup achètent au départ et regrettent. Comptez une première séance de deux heures, et plusieurs jours de séchage avant de peindre.
Argile autodurcissante ou argile à cuire : la question du four
Tout part de là. Une argile à cuire, faïence ou grès, ne devient solide qu'après un passage au four céramique, à 1 000 °C ou plus. Crue, elle reste fragile, craint l'eau et finit par se fendre. Le four de cuisine, qui monte à 250 °C, ne cuit pas l'argile. Si vous n'avez pas d'atelier, d'association ou de céramiste prêt à cuire vos pièces, prenez de l'argile autodurcissante : elle sèche à l'air en quelques jours et se ponce, se peint et se vernit. Sa limite est nette : même vernie, une pièce reste poreuse, ne tient pas l'eau et ne doit jamais servir à manger ou à boire. Pour de la vaisselle faite main, il faut de l'argile à cuire, un émail alimentaire et un four, donc un atelier. Les engobes et émaux se choisissent avec lui, selon la terre et la température de cuisson qu'il pratique.
Préparer une table qui supporte la terre et l'eau
L'argile tache le bois, s'incruste dans les rainures et laisse une poussière fine en séchant. Couvrez la table d'une toile cirée qui protège de l'humidité, puis posez par-dessus une toile de coton brute : c'est sur elle qu'on travaille, parce que l'argile y adhère à peine et se décolle sans se déformer. Travaillez près d'un point d'eau, avec un seau d'eau claire pour les mains et les outils. Ne videz jamais l'eau chargée de terre dans l'évier : l'argile se dépose au fond des siphons et finit par les boucher. Laissez le seau décanter, jetez l'eau claire du dessus et la boue au compost ou à la poubelle. Pour la même raison, nettoyez la table à l'éponge humide plutôt qu'au balai : balayer de l'argile sèche soulève une poussière qu'il vaut mieux ne pas respirer.
Trois techniques pour les premières pièces
Sans tour, on modèle de trois façons. Le pincement d'abord : une boule de terre de la taille d'une orange, creusée au pouce et amincie entre les doigts en tournant, donne un petit bol en vingt minutes. Les colombins ensuite : des boudins roulés sous la paume, empilés en spirale et lissés à l'ébauchoir, montent un pot ou un vase décoratif. Les plaques enfin : la terre abaissée au rouleau entre deux réglettes, découpée au couteau puis assemblée, fait des boîtes, des plats, des vide-poches. Pour coller deux morceaux, rayez les deux surfaces à la pointe, humidifiez-les, pressez et lissez la jointure. Gardez une épaisseur régulière, autour de 5 à 8 mm : une paroi trop fine casse, une paroi trop épaisse se fend en séchant. Vaporisez la terre dès qu'elle commence à craqueler sous les doigts.
Faire sécher sans fissures, puis finir
La plupart des pièces ratées se fendent au séchage, pas au modelage. Laissez-les sécher lentement, à l'abri du soleil et loin d'un radiateur, pendant trois à sept jours selon l'épaisseur. Les premières heures, couvrez-les d'un sac plastique léger pour que les bords ne sèchent pas avant le centre. Retournez les plats et les assiettes à mi-séchage, entre deux planches. Une pièce est sèche quand elle a pâli uniformément et n'est plus fraîche au toucher. Poncez alors les bavures au papier fin, dehors ou au-dessus d'un chiffon humide, dépoussiérez, puis peignez à l'acrylique. Terminez par deux couches fines de vernis à l'eau. Les petites fissures se réparent avec un peu d'argile détrempée en pâte, lissée au doigt, avant de peindre.