Nos conseils
À savoir avant de commander
Ce qui rate, en général, ce n'est pas le geste mais le choix du produit : une pâte de rebouchage dans un trou de trois centimètres qui s'affaisse, une fissure bouchée sans avoir été ouverte qui revient au bout d'un mois, un ponçage au bout des doigts qui laisse des creux sous la peinture. Cette page liste ce qu'il faut selon la taille du dégât, classé en quatre niveaux, avec une fourchette de prix pour chaque objet et ce qu'on peut laisser en rayon.
Choisir l'enduit selon la profondeur
Le bon produit dépend d'abord de la profondeur du trou, pas de sa largeur. Pour un trou de cheville, une griffure ou un éclat de quelques millimètres, l'enduit de rebouchage en pâte suffit : on le prend du bout du couteau et on le pose en une ou deux passes fines. Au-delà d'un centimètre environ, ou pour un angle de mur éclaté, passez à un enduit en poudre à gâcher, prévu pour les fortes épaisseurs : il durcit dans la masse au lieu de sécher en surface et de se creuser. Si le trou dépasse l'épaisseur maximale indiquée sur le sac, remplissez en deux fois en laissant prendre la première couche. Quand le mur est criblé de petits défauts, l'enduit de lissage vient en dernier, en couche très fine sur toute la zone : il ne rebouche rien, il uniformise. Les mentions rebouchage, forte épaisseur et lissage désignent trois usages distincts, et les confondre est la cause la plus fréquente d'une reprise qui se voit.
Une fissure s'ouvre avant de se reboucher
Un enduit posé sur une fissure fine ne fait que la recouvrir : il ne pénètre pas, n'accroche que sur les bords, et la fente réapparaît dès que le mur bouge un peu au fil des saisons. La méthode consiste à ouvrir la fissure en V au grattoir triangulaire, sur quelques millimètres de profondeur, à dépoussiérer au pinceau, puis à humidifier légèrement avant de garnir. Sur une fissure qui revient ou qui court le long d'une cloison, noyez une bande en fibre de verre dans une première couche d'enduit, puis recouvrez-la d'une seconde passe qui déborde de quelques centimètres. Les fissures à la jonction d'un mur et du plafond, ou au-dessus d'une plinthe, bougent en permanence : un mastic acrylique à peindre, qui reste souple, y tient mieux qu'un enduit rigide. Une fissure large, en escalier, qui traverse le mur ou s'élargit d'un mois à l'autre ne relève plus du rebouchage : faites-la examiner par un professionnel du bâtiment avant d'y toucher.
Un trou dans le placo : plaque de réparation ou pièce rapportée
Dans une cloison en plaque de plâtre, un trou de plus de deux ou trois centimètres est vide derrière : l'enduit n'a rien sur quoi s'appuyer et tombe dans le creux. Jusqu'à une douzaine de centimètres, la plaque de réparation autocollante règle le problème : dépoussiérez, collez-la bien centrée, puis couvrez-la de deux ou trois couches d'enduit fines, chacune un peu plus large que la précédente, pour que la surépaisseur se fonde dans le mur. Au-delà, ou si la plaque a gonflé à cause d'une fuite, découpez un carré net autour du trou, vissez deux tasseaux derrière les bords, puis une pièce de plaque de même épaisseur, et traitez les joints comme sur une cloison neuve, avec bande et enduit. Pour les trous de chevilles avant de rendre un logement, rien de tout cela : retirez la cheville si elle vient, sinon enfoncez-la un peu sous la surface, et rebouchez à la pâte.
Poncer, contrôler, préparer la peinture
Un rebouchage réussi se juge en lumière rasante, pas de face. Une fois l'enduit sec à cœur, poncez avec une cale, jamais avec le papier tenu dans la main : les doigts creusent l'enduit tendre et laissent des cuvettes que la peinture souligne. Un grain 120 pour araser, un grain plus fin pour finir, sans appuyer. Tenez ensuite une lampe torche à plat contre le mur : chaque bosse et chaque creux projette une ombre. Reprenez les manques par une passe fine plutôt que de poncer plus fort. La poussière d'enduit est très fine : masque FFP2, fenêtre ouverte, meubles bâchés, et aspirateur plutôt que balai. Avant la peinture, une sous-couche sur chaque reprise évite les taches mates qui trahissent le rebouchage. Dans un logement ancien, avant de poncer une vieille peinture autour des trous, renseignez-vous sur la présence possible de plomb, fréquente dans les peintures d'avant 1949.