Nos conseils
À savoir avant de commander
Cette page classe ce qu'il faut pour une sortie d'automne en forêt, avec un budget indicatif pour chaque objet. Une règle passe avant toutes les autres : ni ce matériel, ni un livre, ni une application ne suffisent à décider qu'un champignon se mange. Une récolte se fait contrôler par une personne compétente, et au moindre doute, elle ne finit pas dans l'assiette.
Le panier, le couteau et la bonne façon de cueillir
Le panier ajouré en osier n'est pas une coquetterie : l'air circule, les champignons ne s'écrasent pas les uns sur les autres et ils restent fermes jusqu'au retour. Posez-les en une ou deux couches, sans tasser. Avant de couper, posez-vous une question : est-ce une espèce que je connais avec certitude ? Si oui, coupez le pied au couteau, brossez la terre sur place et laissez la base en terre. Si non, dégagez le pied entier avec la pointe de la lame, sans rien laisser dans le sol : la base du pied, et notamment la volve en forme de sac des amanites, fait souvent partie des critères qui séparent une espèce comestible d'une espèce mortelle. Rangez ces champignons à identifier à part, dans un petit sachet en papier, jamais au milieu du reste : un fragment d'espèce toxique mélangé à la cueillette rend l'ensemble suspect. Laissez sur place les exemplaires trop vieux, détrempés ou rongés, qui se conservent mal même quand l'espèce est bonne.
Faire vérifier sa récolte avant de la manger
Chaque automne, les centres antipoison enregistrent un millier d'intoxications par des champignons de cueillette, parfois davantage, dont certaines graves. La plupart viennent d'une confusion entre une espèce comestible et une espèce toxique qui lui ressemble, ou de champignons consommés trop vieux ou mal conservés. Le guide d'identification vous apprend à regarder les bons critères, mais il ne remplace pas un œil expérimenté. Avant de cuisiner, faites contrôler la récolte, triée par espèce : de nombreux pharmaciens sont formés à cet exercice, et les associations ou sociétés mycologiques organisent à l'automne des expositions et des permanences d'identification. Méfiez-vous des applications de reconnaissance par photo, qui peuvent se tromper sur des espèces dangereuses. Photographiez enfin votre récolte avant de la cuisiner : en cas de malaise après un repas de champignons, appelez le 15 ou un centre antipoison, et cette photo aidera à identifier l'espèce en cause.
Tiques, chasse et orientation : la sécurité en forêt
Les sous-bois humides de l'automne sont aussi le terrain des tiques, qui s'accrochent au passage dans les fougères et les herbes hautes. Un pantalon long, des guêtres ou un bas de pantalon rentré dans les chaussettes limitent les morsures. Au retour, inspectez-vous entièrement, plis et cuir chevelu compris, et retirez toute tique au tire-tique, sans produit, en tournant doucement. Si une plaque rouge qui s'étend apparaît dans les semaines suivantes, ou en cas de fièvre, consultez un médecin. Pendant la saison de chasse, qui couvre l'essentiel de la période des champignons, renseignez-vous sur les jours de battue en mairie et portez une couleur vive, orange de préférence. Enfin, on se perd plus facilement à la cueillette qu'en randonnée, les yeux au sol et sans sentier. Repérez votre point de départ, gardez une carte et une boussole, prévenez un proche du secteur où vous allez, et rentrez avant la tombée de la nuit, qui arrive tôt en octobre.
À qui appartiennent les champignons, et combien en ramasser
Les champignons appartiennent au propriétaire du terrain. Dans une forêt privée, la cueillette demande donc son accord, même sans clôture ni panneau. Dans les forêts publiques, notamment domaniales, une cueillette pour la consommation familiale est en général tolérée, mais des arrêtés préfectoraux ou municipaux fixent souvent des limites, en quantité par personne et par jour, et peuvent interdire certaines espèces ou certaines zones protégées. Renseignez-vous localement avant la sortie, en mairie ou auprès de l'Office national des forêts. Au-delà des règles, quelques habitudes préservent les coins que vous aimez : ne ramassez que ce que vous savez identifier ou faire identifier, laissez les jeunes exemplaires et ceux que vous ne mangerez pas, ne retournez ni la mousse ni l'humus, et refermez le trou laissé par un pied dégagé.